Conférence régionale sur le trafic illicite des biens culturels
volés en Iraq
Amman, Jordanie, 1 - 2 juin 2004
AYANT CONSTATE que la coopération étroite entre les services
chargés de l'application de la loi et les institutions culturelles d'un
pays rendaient les enquêtes plus efficaces,
RECONNAISSANT que le trafic illicite de biens culturels volés,
pillés en Iraq ou illégalement exportés de ce pays, concerne
toutes les régions du monde, quelle que soit leur situation géographique,
et qu'il nécessite une surveillance attentive de l'importation et de
l'exportation de biens culturels,
SOULIGNANT la nécessité de protéger les sites archéologiques
iraquiens faisant l'objet de destructions et d'un pillage continuels et systématiques,
CONSCIENTS de l'utilisation croissante d'Internet pour vendre illicitement
des biens culturels iraquiens,
INSISTANT sur la nécessité de centraliser et de diffuser
les informations relatives à la saisie de biens culturels iraquiens et
à l'arrestation d'individus se livrant au trafic de telles marchandises,
RECOMMANDENT :
- Que les services chargés de l'application de la loi et les institutions
culturelles renforcent la coopération entre eux au niveau national
afin d'améliorer leur efficacité en matière de protection
des biens culturels iraquiens ;
- Que les services nationaux chargés de l'application de la loi surveillent
les ventes de biens culturels iraquiens sur le marché de l'art, en
particulier par Internet ;
- Que les Bureaux centraux nationaux d'Interpol communiquent systématiquement
au Secrétariat général, dès que possible et au
moyen du formulaire prévu à cet effet, toutes informations utiles
concernant la saisie de biens culturels iraquiens afin qu'elles puissent être
correctement analysées et que des produits de renseignement soient
élaborés afin d'aider les services chargés de l'application
de la loi à protéger le patrimoine culturel de l'Iraq ;
- Que les autorités iraquiennes s'emploient activement à protéger
les sites archéologiques de leur pays et créent une force de
sécurité spécialisée précisément
affectée à la protection de ces sites. Que dans l'intervalle,
les forces militaires de la Coalition en assurent la sécurité,
tant qu'elles demeurent en Iraq ;
- Que les organisations internationales coopèrent étroitement
afin d'éviter les doubles emplois inutiles et de permettre une meilleure
affectation des ressources financières, matérielles et humaines
;
- Que tous les pays qui ne l'ont pas encore fait examinent en vue de les ratifier
les conventions de l'UNESCO (1970) et d'UNIDROIT (1995), qui portent sur la
lutte contre le trafic illicite de biens culturels ;
- Que tous les pays qui ont saisi des biens culturels iraquiens volés
en informent en premier lieu les autorités iraquiennes, Interpol et
le Sous-directeur général de l'Unesco pour la culture, et qu'ils
s'assurent ensuite que ces biens sont entreposés en lieu sûr
et dans des conditions de conservation optimales jusqu'au moment de leur retour
en Iraq ;
- Que l'Unesco, en coopération avec le Comité international
de coordination pour la sauvegarde du patrimoine culturel de l'Iraq et le
ministère iraquien de la Culture, facilite la coordination du retour
officiel des biens culturels iraquiens saisis et détenus à l'étranger,
lorsque les autorités iraquiennes estiment que la situation sur place
le permet ;
- Que l'Unesco, l'ICOM et le ministère iraquien de la Culture mettent
en uvre sans délai le projet relatif à la création
d'inventaires informatisés contenant des informations de base, ainsi
que d'un système de "gestion des collections" pour tous les
musées iraquiens ;
- Que toutes les parties concernées s'associent pour former des professionnels
iraquiens à la préservation, à la protection et à
la gestion du patrimoine culturel iraquien.
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