Communiqué de presse INTERPOL
8 septembre 2006 |
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La base de données d’INTERPOL
considérée comme indispensable à la protection des frontières
Les documents de voyage volés et perdus désignés comme le maillon faible
LYON (France) – Un organe de surveillance du gouvernement des États-Unis demande à ce que les agents chargés du contrôle aux frontières présents sur le terrain aient accès à la base de données mondiale d’INTERPOL sur les documents de voyage volés et perdus (SLTD).
Un rapport sur la sécurité aux frontières élaboré par le GAO (Governement Accountability Office) révèle que "les analystes, les agents des services chargés de l’application de la loi et les experts en documents reconnaissent tous que l’utilisation des passeports perdus et volés est le plus grave problème de sécurité posé par le Programme d’exemption de visa", en vertu duquel plus de 15 millions de personnes entrent chaque année aux États-Unis.
Selon ce rapport, "des responsables reconnaissent qu’un nombre indéterminé d’étrangers non autorisés à entrer sur le territoire des États-Unis sont en fait susceptibles d’y être entrés en utilisant un passeport perdu ou volé", ce type de document étant "convoité par les terroristes".
Afin de combler cette dangereuse lacune des dispositifs de sécurité, le GAO recommande également que les États-Unis demandent aux pays participant au Programme d’exemption de visa de communiquer à INTERPOL toutes les données à caractère non personnel figurant sur les passeports volés et perdus.
"Ce rapport confirme l’opinion d’INTERPOL selon laquelle l’utilisation de documents de voyage volés et perdus constitue la faille majeure des dispositifs de sécurité au niveau mondial", a déclaré le Secrétaire Général de l’O.I.P.C.-INTERPOL, M. Ronald K. Noble.
"Grâce à la mobilisation et au travail des Bureaux centraux nationaux et du Secrétariat général d’INTERPOL, il existe maintenant des outils capables de combler cette lacune".
La Suisse, premier pays à avoir donné à chaque fonctionnaire des services chargés de l’application de la loi fédéraux un accès direct à la base de données d’INTERPOL sur les documents de voyage perdus et volés, effectue à présent 300 000 consultations par mois. Cette base de données contenant plus de 12 millions d’entrées provenant de 114 pays membres, les Suisses obtiennent de bons résultats : c’est ainsi que chaque mois, plus de 100 personnes sont trouvées en possession de documents de voyage qui ont été déclarés volés ou perdus.
"Pour un pays, la meilleure manière de protéger ses citoyens des malfaiteurs dangereux est d’abord d’empêcher ces derniers d’entrer sur son territoire. Interroger la base de données mondiale d’INTERPOL lors du contrôle des passeports devrait devenir une procédure standard dans tous les pays, et nous sommes certains que le clairvoyant rapport du GAO va nous rapprocher de cet objectif", a indiqué M. Noble.
"Imaginez seulement qu’un terroriste pénètre sur votre territoire en utilisant un passeport volé puis falsifié enregistré dans la base de données d’INTERPOL, mais que votre pays n’ait pas interrogé cette base de données, permettant ainsi au terroriste de commettre un attentat meurtrier. Comment pourrait-on jamais justifier un tel manquement ? Le simple fait de poser cette question, c’est déjà y répondre".
"Maintenant que la base de données mondiale d’INTERPOL existe, et que l’on dispose de la technologie permettant de l’interroger depuis les aéroports et les autres points d’entrée dans un pays, sa consultation devrait être considérée comme un impératif".
La France a ouvert l’accès à la base de données SLTD d’INTERPOL aux agents chargés des contrôles aux frontières à l’aéroport Charles de Gaulle, et un certain nombre de pays sont en train de faire de même.
Afin de satisfaire aux exigences de protection de la vie privée, la base de données SLTD d’INTERPOL ne contient que des numéros de passeports et des informations relatives au vol ou à la perte des documents ; elle ne contient aucune information à caractère personnel.