Drogues de synthèse
Les drogues de synthèse connaissant un succès croissant, les saisies ont augmenté en conséquence. Selon l’ Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), le nombre de consommateurs de stimulants de type amfétamine (STA) dans le monde est plus élevé que le nombre cumulé de consommateurs d’héroïne et de consommateurs de cocaïne . L’ONUDC indique en outre que les saisies de STA viennent tout de suite après les saisies mondiales de cannabis (sous forme de feuilles comme de résine). Les informations transmises par les membres d’INTERPOL confirment que la production et le trafic de STA sévissent sur une grande échelle. La montée des drogues de synthèse partout dans le monde préoccupe toutes les autorités nationales chargées de l’application de la loi. Si le phénomène des "raves" a nettement favorisé le développement du trafic et de la consommation d’ecstasy (MDMA), il a également abouti à l’introduction de nouvelles drogues récréatives et au retour en force des métamfétamines. Et bien que l’on considère les amfétamines telles que la MDMA comme une drogue essentiellement consommée par les jeunes adultes, un certain nombre d’informations font état d’une augmentation de sa consommation chez les adultes plus âgés.
Le commerce des drogues de synthèse revêt plusieurs aspects : approvisionnement en précurseurs chimiques, matériel de fabrication utilisé (parfois complexe, parfois totalement artisanal), expertise des fabricants et mouvements du produit fini. Les laboratoires de fabrication clandestins pouvant se trouver n’importe où dans le monde, le trafic de drogues de synthèse peut poser un problème soit national soit international. Aucune organisation criminelle ou région n’a le monopole du marché de ces drogues, comme en témoigne l’augmentation tant des démantèlements de laboratoires que des saisies de produits dans toutes les régions de la planète.
Bien que la complexité des laboratoires clandestins varie beaucoup, en particulier entre ceux qui produisent de la MDMA et ceux où l’on fabrique des métamfétamines, ces laboratoires peuvent se trouver n’importe où dans le monde du fait du détournement des produits chimiques essentiels de leur destination licite.
L’Europe, essentiellement l’Europe de l’Ouest, demeure une région où l’ecstasy est produite sur une grande échelle. Une augmentation de la production en Europe de l’Est a néanmoins été constatée qui mérite d’être soulignée dans la mesure où elle pourrait être révélatrice d’une importante évolution en ce qui concerne les sources d’approvisionnement. Parmi les tendances observées récemment figurent la production de plusieurs types de drogues et sur plusieurs sites, les étapes de la fabrication se déroulant dans des lieux différents. Certaines informations émanant de pays d’Europe de l’Est font état d’une production de comprimés d’amfétamine destinés aux marchés illicites de pays du Moyen-Orient.
L’Amérique du Nord, principalement les Etats-Unis, est confrontée à une double menace en ce qui concerne les métamfétamines. Selon la Drug Enforcement Administration (DEA) des Etats-Unis, 65 % des métamfétamines sur le marché dans ce pays sont produites au Mexique. Le reste provient de laboratoires clandestins situés au Etats-Unis. Bien que le nombre de grands laboratoires démantelés dans ce pays ait diminué ces dernières années, le nombre de petits laboratoires artisanaux s’est accru. Selon des données communiquées par le National Clandestine Laboratory Seizure System, plus de 10 000 laboratoires clandestins ont été démantelés en 2003. Le nombre de laboratoires de fabrication de métamfétamines démantelés au Canada est de beaucoup inférieur à celui des laboratoires démantelés aux Etats-Unis. Les autorités canadiennes se sont dernièrement attaquées au problème des métamfétamines dans leur pays en renforçant les contrôles sur les précurseurs chimiques et en alourdissant les peines encourues par les trafiquants. Le trafic et la consommation de MDMA dans ces deux pays semblent décliner, mais cette drogue reste facile à se procurer.
L’Asie du Sud-Est est devenue une région clé en ce qui concerne la production de drogues de synthèse, notamment de métamfétamines. INTERPOL joue un rôle actif dans cette région en recueillant des informations sur la production de ces drogues à grande échelle et sur les organisations criminelles qui y participent.
Les importantes saisies de STA signalées par des membres d’INTERPOL montrent que le marché pour les drogues de ce type a pris une ampleur mondiale. La production n’étant pas limitée à certaines zones de culture particulières, le marché peut être alimenté à partir de locaux de production installés n’importe où dans le monde, créant des tendances du trafic qui peuvent n’exister que sur des périodes courtes.
Les saisies de MDMA signalées au Secrétariat général d’INTERPOL accusent une nette diminution, après un niveau record en 2001. Bien que cet état de choses puisse indiquer une baisse générale de la demande de cette drogue, en particulier en Europe et en Amérique du Nord, certains éléments laissent à penser que cette demande augmente en Asie.
| Infractions en matière de drogues liées à Internet |
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On estime à 890 millions le nombre de consommateurs connectés à Internet – la plupart d’entre eux vivant en Asie, en Europe et en Amérique du Nord – qui n’hésitent pas à exploiter les possibilités offertes par les systèmes de messagerie électronique, de partage de fichiers, de collaboration interactive et de communication sécurisée. Bien qu’Internet présente bien plus d’avantages que de dangers, le risque qu’il soit utilisé à des fins illicites demeure important dans la mesure où sa réglementation et sa gestion sont assurées par des sociétés privées et non par une autorité de réglementation unique.
De plus en plus de malfaiteurs utilisent Internet pour échanger des informations sur des produits ou des méthodes de fabrication, ainsi que pour prodiguer des conseils sur les endroits où se procurer, et sur les moyens d’obtenir, des précurseurs chimiques et des équipements pour la production de drogues de synthèse. Si la vente de drogues telles que la MDMA ou le GHB ne fait généralement pas l’objet de publicité sur Internet, les fournisseurs et les clients peuvent se rencontrer sur des forums et des "chat rooms". INTERPOL a mis en œuvre une initiative devant lui permettre de devenir une plate-forme mondiale de coordination et de surveillance des infractions en matière de drogues liées à Internet. Cette initiative est conduite par l’unité Psychotropes d’INTERPOL.