INTERPOL et la corruption
| La lutte contre la corruption est une priorité pour INTERPOL |
|
|
Depuis la première Conférence internationale sur la criminalité liée à la corruption, qui a été organisée en 1998 au Secrétariat général de l’Organisation à Lyon (France), INTERPOL joue un rôle actif en soutenant les initiatives de lutte contre la corruption.
En tant que plus importante organisation internationale de police au monde, INTERPOL accorde une attention particulière au rôle que joue la corruption dans le terrorisme et d’autres activités criminelles internationales. La mondialisation de la criminalité en général implique également la nécessité pour les services chargés de l’application de la loi des différents pays de travailler ensemble pour mettre au point des moyens divers de lutte contre la corruption.
Ayant créé en 1998 le Groupe d'experts INTERPOL sur la corruption (IGEC), INTERPOL met actuellement en place le Bureau anticorruption d’INTERPOL et l’École supérieure INTERPOL-UNODC de lutte anticorruption. Ces entités apportent un appui aux activités de lutte anticorruption en élaborant des politiques et des normes, mais aussi en organisant – ou en soutenant – des travaux de sensibilisation, de recherche, de formation et d’enquête, ainsi que des opérations de récupération des avoirs.
Ces initiatives sont en conformité avec la Convention des Nations Unies contre la corruption, qui est entrée en vigueur le 15 décembre 2005, ainsi qu’avec les dispositions prises par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour garantir la mise en œuvre de ladite convention. |
| Autres moyens mis à disposition des professionnels de la lutte anticorruption |
|
|
INTERPOL a élevé la corruption au rang de domaine de criminalité prioritaire, ce qui signifie que tous les moyens et efforts seront mis en œuvre pour la combattre. L’Organisation a lancé une campagne visant à lever 15 millions d’euros pour créer le premier établissement universitaire mondial consacré à l'étude, à l’analyse et à la prévention de la corruption.
|
Lorsque l’on procède à l’élaboration de stratégies et de tactiques pour lutter contre la corruption, il est important de tenir compte des caractéristiques uniques de cette pratique. Ceux qui s’y adonnent ont tout intérêt à la maintenir secrète. Les malfaiteurs étant capables de s’adapter rapidement aux nouvelles stratégies mises au point par les services chargés de l’application de la loi, les professionnels de la lutte anticorruption doivent également faire preuve de dynamisme et de souplesse, en adoptant une approche globale et en collaborant avec les principales parties prenantes.
Les initiatives d’INTERPOL à ce jour sont les suivantes :
- Adoption, lors de l’Assemblée générale d’INTERPOL qui a eu lieu à Séoul (Corée) en 1999, d’une déclaration d’intention comprenant un code de déontologie et un code de conduite pour l’ensemble des fonctionnaires des services chargés de l'application de la loi.
- Élaboration d’un "recueil des meilleures façons de procéder", destiné à aider les services chargés d’enquêter sur les affaires de corruption. Les thèmes abordés sont notamment les stratégies et les structures de lutte anticorruption, les enquêtes par infiltration, les dispositifs et les techniques utilisés, la protection des témoins, la législation anticorruption, la prévention, la formation et la sensibilisation.
- Définition de "normes universelles visant à lutter contre la corruption au sein des forces/services de police", adoptées à l’unanimité par l’Assemblée générale d’INTERPOL qui a eu lieu au Cameroun en septembre 2002. Ces normes promeuvent le plus haut degré d’honnêteté, d’intégrité et de moralité dans les services chargés de l’application de la loi du monde entier ; elles fournissent un cadre permettant à ces services de mieux résister à la corruption et préconisent la mise en œuvre dans chaque pays membre de dispositions destinées à prévenir, détecter et éliminer la corruption. On y trouve également des principes et de nombreuses mesures dont le but est d’améliorer l’efficacité des services chargés de l’application de la loi dans la prévention de la corruption ainsi que dans les enquêtes relatives à des affaires de ce type. Ces normes sont par ailleurs conformes à l’esprit et au contenu de la Convention des Nations Unies contre la corruption.
- Réalisation d’une étude sur l’intégrité de la police afin d’évaluer la capacité des pays membres d’INTERPOL à combattre la corruption. Des études de suivi visant à mesurer les progrès réalisés sont prévues.
- Création d’un système international de « points de contact nationaux » qui permet aux services chargés de l’application de la loi de différents pays de nouer rapidement une collaboration sur des affaires de corruption.
En juin 2007, les dirigeants des pays du G8 ont décidé de travailler avec INTERPOL pour lutter plus efficacement contre
la corruption dans le monde entier. La déclaration du sommet d’Heiligendamm (Allemagne), le 7 juin, appelait les membres
du G8 à soutenir le travail d’INTERPOL et d’autres organismes internationaux pour coordonner la mise en œuvre
de la Convention des Nations Unies contre la corruption
(UNCAC).
"Je suis extrêmement satisfait que le G8 ait reconnu le rôle que peut jouer INTERPOL sur le plan international, en tant qu’organisation internationale de police la plus importante au monde, afin d’éradiquer la corruption à tous les niveaux de la société et de récupérer les fonds provenant de pratiques illégales de ce type", a déclaré le Secrétaire Général d’INTERPOL, M. Ronald K. Noble.
|
|